par | Oct 10, 2017 | Dégustation |

Exceptionnellement je change un peu de domaine pour cette dégustation. Je suis resté dans le royaume du malt, mais dans un niveau beaucoup plus puissant en alcool : le Whisky. Lors de cette soirée au Hopscotch, Anne-Sophie (The Whisky Lady) et Roderick nous ont fait découvrir 5 whiskys de la SMWS, avec pour thème le whisky tourbé.

Petite présentation : SMWS

La SMWS ou Scotch Malt Whisky Society est un Club ayant vu le jour en 1983. Grace à lui de nombreux passionnés de whiskys à travers le monde peuvent se rassembler et déguster des singles casks aventureux et surprenants.

La particularité de ce club, c’est d’acheter des fûts ayant déjà contenus de l’alcools pour ensuite faire vieillir des distillats de whisky provenant des distilleries des 4 coins d’Ecosse. 95% des whiskies sont vieillis en fût de Bourbon, les autres sont soit finis soit complétement vieillis dans des fûts ayant contenu d’autres alcools comme le Sherry ou le Oloroso.

Avec une tel variété de fût et de whiskies, on pourrait penser à faire des mélanges mais ce n’est pas le cas. Un fût pour un whisky, il n’y a pas d’assemblage, ni de dilution avant l’embouteillage. Car j’ai appris ce soir-là, qu’un whisky lorsqu’il est mis en fût possède une teneur en alcool aux alentours de 60%. C’est lors de l’embouteillage, que les différentes distilleries rajoutent de l’eau afin d’obtenir le whisky que l’on connait entre 40% et 46%.

Chaque whisky est goûté à l’aveugle par un comité d’experts avant d’être jugé digne des bouteilles de la SMWS. Pour cette dégustation aucune information n’est donné, aucune mention de l’âge, de la région d’origine ou du type de fût pour s’assurer que les whiskys de la Society sont mis en bouteille lorsqu’ils sont mûrs, jeune ou vieux, Highland ou Lowland, en fût de sherry ou de bourbon.

Vous l’aurez compris, les whiskies que vous pourrez gouter sont fort en alcool (+- 60%), et jugés par de fins connaisseurs. Ils sont surtout uniques, les bouteilles sont numérotées. Pour intensifier l’expérience, la découverte et éviter les aprioris que l’on pourrait avoir sur des distilleries, leurs noms ne sont pas écrits sur les bouteilles, les seules indications sur la bouteille sont le type de fut, l’âge, la région, le jour de distillation et le nombre de bouteilles disponibles. Le code permet de savoir quelle distillerie le whisky provient (premier chiffre) et le numéro du fut (deuxième chiffre). Du coup le 3.302 c’est le 302eme fut acheté chez Bowmore (3).

Cela peut sembler élitiste, mais ce n’est pas le cas. Je ne suis pas un grand connaisseur, j’accompagnais mes parents à quelques apéros mais sans plus. Mais j’ai vraiment pu profiter des différentes saveurs lors de cette dégustation.

 

La dégustation

J’avais offert cette dégustation à mes parents car ce sont des amateurs de whiskys tourbés et j’ai décidé de les accompagnés. La dégustation s’est déroulée dans la zone cosy du bar.

Nous nous sommes retrouvés à une quinzaine de personne, des connaisseurs comme des néophytes. Des assiettes de fromages et du saucisson nous attendaient sur la table.

Anne-Sophie et Roderick nous ont fait une petite présentation du whisky, de sa fabrication, de son terroir écossais ainsi que sur la Scotch Malt Whisky Society. Nous avons ensuite commencé la dégustation.

-Sundowner Dram :

59.7%, 15 ans d’âge en fût de sherry, 572 exemplaires, cask n°4.234

Sea breezes and light smoke over heather moors: beach bonfires (baby-back ribs and marshmallows) and the warm glow of embers at sundown.

Mon ressenti: la première gorgée est rude, les 59.7% chauffent bien la bouche. Mais à la seconde, les saveurs boisées ont fait leurs apparitions. La tourbe était assez subtile car plus un whisky est vieux moins la tourbe est présente (un peu comme l’amertume du houblon dans les IPAs )

-Aromatic Ripples on a calm sea :

55.5%, 20 ans d’âge en fût de bourbon, 252 exemplaires, cask n°3.302

Waves of lavender and smoked tea gently wash against the shore to complement a seafood platter with lychee, peppermint and vanilla sponge.

Mon ressenti: beaucoup plus léger que l’autre en alcool, les saveurs sont ressorties plus rapidement, un petit côté iodé avec la note tourbée.

-Manly Contentment :

61.2%, 8ans d’âge en fût de bourbon, 196 exemplaires, cask n°66.106

The nose is welcoming scenario of wood-smoke and beach barbecued scallops. The tasty palate-smoked this and smoke that = manly contentment.

Mon ressenti: miam, j’ai adoré ce whisky est mon top 2 de la soirée. Beaucoup plus jeunes que les deux premiers, la tourbe y est franchement présente. C’est un fumé délicat, avec des notes boisés.

-Winding down :

60.5%, 9 ans d’âge en fût de bourbon, 192 exemplaires, cask n°10.120

Relax with fresh oysters and sweet, salty, smoky vanilla pretzels and then finish with American cream soda and smocked mackerel pate on rye bread.

Mon ressenti: c’est le whisky que j’ai le moins aimé de la soirée. L’alcool était trop présent par rapport aux autres saveurs, et je n’ai pas réussi à l’apprécier. Même en rajoutant quelques gouttes d’eau avec la pipette.

-Peat-Reek and barbeque char :

60.2%, 9 ans d’âge en fût de xeres (oloroso), 606 exemplaires, cask n°33.135

The nose gives golden syrup, lemons and Napoleon sea battles. The palate combines youthful smoke with marzipan, orange peel and burnt sugar.

Mon ressenti: mon préféré, mon top 1. La tourbe y est magnifique, avec la petite note d’agrume et de caramel. J’ai adoré.

J’ai tant bien que mal retranscrit mon ressenti sur ces whiskys, je trouve ça plus compliqué qu’avec les bières. Surement à cause de mon palais pas encore suffisamment développé. Mais la dégustation en elle-même était passionnante et enrichissante. Nous avons découvert beaucoup de chose, et j’ai bien envie de continuer cette exploration gustative. Anne-Sophie et Roderick sont vraiment passionnés, ça se sent. Ils sont très pédagogues dans leurs explications. C’était une très bonne soirée.
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